Le triste monde des robes noires...
Ce soir, je suis triste.
Plus je vois s'imposer les règles de la nouvelle rectitude morale: censure de spectacles, déboulonnage de statues, réécriture de l'histoire, le remplacement du sexe par le genre, le féminisme dominant et dominateur, l'écriture épicène, le racisme systémique, l'appropriation culturelle, le nationalisme diabolique, le multiculturalisme, le privilège blanc, etc. etc.,
plus je suis heureux de me voir sur mon départ de ce monde d'interdits, de censeurs, d'obsédés, d'idéologues dogmatiques et autoritaires, de justiciers désincarnés, de "robes noires" hypocrites qui se croient meilleurs que les autres et... parlent anglais.
J'ai vécu ma jeunesse à l'époque où le péché et l'enfer nous guettaient à chaque détour de la vie, en action, en parole ou en pensée, par omission, seul ou avec d'autres, et nous gâtaient la vie et la créativité. Des emmerdeurs, des tueurs d'oiseaux.
Puis j'ai vécu la Révolution tranquille, où les curés se sont tassés avec leur morale mortifère et leurs menaces traumatisantes. Nous avons enfin commencé à respirer, à penser et à parler librement, à exprimer librement nos sentiments, à faire l'amour librement, à sortir de nos prisons pour voir le monde. La tolérance était de règle, la liberté, l'audace, la création. Ce fut l'époque de Terre des hommes, des Hippies, du Flower power, des Beatles et de Charlebois, mais aussi du Black Power, de l'opposition à la guerre au Vietnam et au colonialisme, du Vive le Québec libre de De Gaulle, du FLQ, de René Lévesque. Les artistes ont surgi de partout: chansonniers, poètes, romanciers, auteurs de théâtre, cinéastes. Les entreprises québécoises aussi, les syndicats, les communes. Au diable la tuque et le goupillon. Vive le Québec libre: le Québec aux Québécois.
Le sida est venu casser le party un peu. Le condom s'est infiltré entre nous...(aujourd'hui, c'est le masque!)
Mais voilà que je vois réapparaître la rectitude morale et la sanction des justiciers. On ne peut plus rien faire ni dire sans risquer de se faire tomber dessus. On marche tout le temps sur des terrains minés. On n'a plus le droit d'être soi-même, de dire les choses comme elles sont: ils sont là qui veillent sur nous, les nouvelles robes noires, les inclusifs, les multiculturalistes, les mondialistes, les antifas, les féministes, les intersectionnels, les racialistes, les genristes, les bobos, les diversitaires, les solidaires, les anti-nationalistes, les humains-robots, etc.
Au nom de la liberté d'expression, de l'égalité, de la fraternité universelle, de la démocratie, ils sévissent, ils excommunient, ils empoisonnent l'espace, la vie, les médias, la pensée, la créativité, la Raison. ils s'auto-analysent et s'auto-proclament parfaits, veulent construire un monde où tout le monde est pareil et tout le monde aime tout le monde, On n'entend qu'eux. On se tait. Quand on est détruit, nié, méprisé, on se retire.
Ce monde dépersonnalisé, désexualisé, désincarné, amer et vengeur, est encore plus triste que celui de ma jeunesse, celui des robes noires.
QUE LE DIABLE VOUS EMPORTE!
Roméo Bouchard

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