mardi 3 septembre 2019

Pierre-Karl Péladeau remet à sa place le très petit chihuahua de la Presse.....

Lagacé, Patrick Lagacé
Patrick Lagacé et LaPresse+ publient ce lundi un long texte où, à escient, ils plantent de nombreux sous-entendus et laisse sans réponse des questions que le chroniqueur se pose à lui-même semant ici le doute et là, une fine accusation... Qu’il me soit également permis de lui dire tout d’abord, qu’il me fait toujours grand plaisir de souhaiter la bienvenue à ceux et à celles qui décident de se joindre à notre équipe ou qui ont des promotions.
Ce sont des centaines de collaborateurs et de collaboratrices que j’ai eu le privilège de féliciter et de remercier. Il est dommage qu’il ait pu donner ouverture à une interprétation sinon paranoïaque, au moins opportune d’un geste hérité de l’éducation de ma mère.
Il semble me reprocher, à moi personnellement et à l’entreprise que je dirige, une trop grande place dans la société québécoise, laquelle priverait nos journalistes et nos chroniqueurs de leur libre arbitre et de leur faculté d’exprimer franchement leurs opinions sur tous les sujets qui intéressent leur auditoire y compris, et peut-être surtout, les sujets me concernant moi-même ou l’entreprise dont j’ai le privilège d’assumer le poste le président et chef de la direction. Je ne suis pas d’accord.
Je ne le suis pas parce que j’ai fait le choix d’être un citoyen engagé, un chef d’entreprise publique responsable et un investisseur dévoué à la sauvegarde et au développement des entreprises d’ici. Je comprends que la somme de ces engagements est grande,mais, encore une fois, comment peut-on sincèrement me reprocher de m’intéresser au Québec, à ses citoyens, à ses citoyennes et à son développement économique si essentiel à notre autonomie et, par voie de conséquence, à notre liberté?
Mes allégeances sont connues et ne sont pas ambiguës. J’ai été chef du Parti Québécois, chef de l'opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec et fier député de la circonscription de Saint-Jérôme. En vertu de quel principe devrais-je maintenant faire fi de mes convictions et occulter celles-ci? Touche d’ironie, je pourrais ajouter, pourquoi devrais-je me censurer? Ne demande-t-on pas, n’enseigne-t-on pas, qu’il est un devoir civique de s’impliquer?
Je suis le pdg d’une grande entreprise québécoise qui depuis 1964 recueille, analyse et communique la nouvelle de toute nature à l'ensemble des Québécois et des Québécoises sans jamais leur avoir dit pour quel parti ou quel chef voter, offrant une tribune aux chroniqueurs de tous les horizons politiques, même ceux qui ne partagent pas mes convictions personnelles. Non seulement nous le permettons, mais nous le recherchons affichant ainsi fièrement les enseignements de mon père qui aura accompli énormément en s’affranchissant des lieux communs et en accueillant dans ses journaux les opinions les plus diverses se faisant le porte étendard de la liberté d’expression pour tous, grands et modestes. Je ne serai donc pas le premier à crier haut et fort que la liberté d’expression appartient à tous et ce n’est pas sans fierté que je puis écrire que chez nous, il n’y a pas de clause de convention collective tenant lieu de serment d’allégeance fédéraliste asservissant les journalistes et les chroniqueurs à promouvoir, à l’unisson, une même idée canadienne sous peine de sanction. Les silences à cet égard porte une lourdeur de signification ou, encore en termes freudiens, une large signifiance de non-dits.
Je suis un investisseur qui a le privilège, dans mon cas je le vois plutôt et surtout comme un devoir, de mettre le capital qui m’est disponible au service du développement du Québec. Qui peut me reprocher d’avoir récupéré les actifs de Taxelco pour en relancer la merveilleuse idée d’une mobilité électrique en adéquation avec la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et combattre ainsi le réchauffement de la planète? Une relance que je souhaite rentable, novatrice, utile et créatrice d’emploi. Patrick Lagacé préfère-t-il que le Fonds vert continue de procurer des fonds publics à Bombardier comme il l’a fait dans le passé?
Qui peut me reprocher de vouloir participer à la pérennité d'Air Transat, promise à la complète ingestion par Air Canada, société si souvent en défaut du respect des droits des francophones et en route vers un quasi-monopole au détriment des consommateurs québécois?
Et si, monsieur Lagacé, vous cherchez d’autres « angles morts » pour nos journalistes et nos chroniqueurs, je peux vous faire suivre la liste de centaines d’organisations du Québec bénéficiant des dizaines de millions de dollars que nous versons annuellement en argent et en visibilité dans nos médias. Nos journalistes et nos chroniqueurs s’auto-censurent-ils, selon vous, lorsque vient le temps de critiquer le CHUM à qui nous versons une aide financière de 15 M$? Les critiques de théâtres sont-elles à géométrie variable selon que nous commanditions ou non la pièce?
Selon votre logique, il me serait interdit d’assumer mes responsabilités eu égard à mon obligation de faire valoir et de faire respecter les droits de l’entreprise devant les tribunaux. Il m’appartient de protéger les droits de l’ensemble des actionnaires, dont vous-même en êtes un indirectement par le biais de la participation de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans Québecor inc. En vertu de vos réflexions, il aurait fallu m’abstenir d’engager un recours en dommage envers Bell Canada qui fut condamnée par la Cour supérieure du Québec et la Cour d’appel du Québec à verser à Québecor 136 000 000 $ dans une affaire de piratage. Et, alors que le début d’une réserve aurait du vous guider en raison du conflit d’intérêt patent dans lequel vous vous trouvez , il faudrait que je fasse l’économie de la protection de mes enfants en acceptant sagement les fausses et graves accusations de votre collègue Hugo Dumas, endossées par votre employeur qui tous deux savent très bien que je n’ai pas, ni mes collègues de TVA, congédié Julie Snyder.
Je pourrais poursuivre encore longuement.
Je termine en disant à Patrick Lagacé, en un mot comme en mille, que nos journalistes et nos chroniqueurs sont libres de s’exprimer sur tout et en tout temps. Vous l’avez vous-même admis. Passons à d'autres choses svp, sinon les âmes généreuses pourraient croire que votre chronique a été pondue par nostalgie du temps où vous étiez chez nous... libre.
À bon entendeur, salut!


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