La Chine a parié et la Chine a gagné... encore.
Elle a parié que nous serions trop occupés par la pandémie pour l’empêcher de mater Hong Kong.
C’est exactement ce qui s’est passé... et vous auriez tort de vous en foutre parce que c’est loin.
Je vais vous dire pourquoi.
Conquête
La Chine communiste, d’où le virus est parti, brise sa promesse de préserver le statut particulier de Hong Kong jusqu’en 2047.
Elle se donne le droit, sous couvert de sécurité nationale, d’envoyer ses matamores y écraser tout ce qui lui déplaira.
Les petits cas seront jugés à Hong Kong par des juges... nommés par la Chine.
Les cas plus sérieux seront envoyés en Chine, où l’on condamne à mort plus de gens que dans tous les autres pays du monde réunis.
C’est pour avoir brandi une pancarte en faveur de l’indépendance de Hong Kong, rien de plus, que fut arrêtée la première personne sous l’égide de cette nouvelle loi.
La plupart d’entre nous auraient du mal à situer Hong Kong sur une carte dont on aurait retiré les écritures.
Ce qui s’est passé est pourtant crucial non seulement en raison de l’importance de Hong Kong comme place financière.
C’est crucial parce que cela annonce l’avenir qui nous attend.
Je ne dis pas que l’armée chinoise va débarquer ici, bien que ses espions y soient depuis longtemps.
Je dis que la Chine ne fait plus mystère qu’elle se lance à la conquête du monde.
Elle ne veut pas seulement une domination économique, mais aussi technologique, militaire et politique.
Le problème est que cette domination va de pair avec l’imposition de ses valeurs culturelles : rejet de la démocratie, rejet des libertés individuelles, rejet d’un État de droit authentique.
Jusqu’à maintenant, elle avançait ses pions discrètement. Elle avance désormais à visière levée. Plus aucun doute n’est possible.
Elle est désormais convaincue que nous ne lui opposerons que des sermons insignifiants à la Justin ou des coups de gueule erratiques à la Trump.
Au nom du commerce, toutes les lâchetés deviennent justifiables.
La nature du régime était pourtant évidente depuis le massacre de la place Tiananmen du 4 juin 1989, quand les dirigeants chinois massacrèrent leur propre jeunesse, qui réclamait des libertés individuelles.
Test
La Chine fait ce que tous les régimes dictatoriaux font : elle teste la détermination de ses adversaires.
Quand Obama a dit que l’usage d’armes chimiques en Syrie serait la ligne rouge à ne pas franchir et qu’il ne fit rien après leur utilisation, Assad a compris.
Quand Poutine a vu que nous ne faisions rien après l’annexion de la Crimée, il a compris.
Quand Hitler a vu qu’on lui faisait cadeau de la Tchécoslovaquie en 1938 pour tenter de l’amadouer, il a compris à quels pleutres il avait affaire.
Aujourd’hui, la Chine voit des États-Unis qui font rire d’eux, une Europe fatiguée, et un Occident rongé de l’intérieur par tous ceux qui veulent lui faire porter tous les crimes de l’humanité.
Et elle en profite. Ce ne sera pas drôle pour nos enfants.

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