Depuis la démission de Julie Payette, on parle beaucoup du statut de la monarchie, du gouverneur-général à Ottawa et du lieutenant-gouverneur au Québec. La CAQ promettait jadis d’abolir cette fonction archaïque qui représente le pouvoir qu’exerce la reine d’Angleterre chez nous. Cela nécessite une modification constitutionnelle. Jeudi, le PQ a justement présenté une motion en chambre qui demandait cela. Tout en faisant mine du contraire, la CAQ s’est défilée. Vous me direz, ce n’est pas surprenant pour un parti qui ne veut pas toucher à la constitution et dont le chef a épousé toutes les positions possibles et imaginables sur la question du statut du Québec dans le Canada. Ce qui est le plus choquant toutefois, c’est que les caquistes font désormais le travail des fédéraux.
Questionnée au parlement sur cet enjeu lors du dépôt de la motion péquiste, la ministre Sonia Lebel s’est déclarée favorable à l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur, mais seulement « lorsque le contexte le permettra ». En 2017, quand Philippe Couillard a évoqué des modifications à la constitution parce que les Québécois vivaient « un exil intérieur dans le Canada », les fédéraux ont répondu exactement ce qu’énonce la CAQ en ce moment. Le contexte économique ne s’y prêtait pas, il y avait des dossiers prioritaires autres qui faisaient évidemment en sorte qu’il n’était pas question de rouvrir la constitution. Les circonstances n’y étaient pas favorables et ainsi de suite. Une fois encore, le Québec était invité à passer son tour.
Quelle différence entre maintenant et l’époque de Philippe Couillard? Même si je ne suis pas un fan de ce dernier, il faut reconnaître qu’il a eu le courage de formuler des demandes constitutionnelles et les fédéraux ont eu la réaction inacceptable que je viens de décrire. Aujourd’hui Ottawa n’a même plus besoin de nous envoyer gentiment paître. Le gouvernement Legault se charge lui-même de dire non à une demande qui recueille un très large appui dans la population québécoise.

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