samedi 4 juillet 2020

L'avenir du PQ par Mathieu Bock-Côté....

Je me permets quelques remarques sur la course à la chefferie au PQ. On répète, et ce n'est pas faux, j'en conviens, qu'elle ne passionne pas les foules. Il vaut pourtant la peine de s'y intéresser. J'ai eu le bonheur d'interviewer les quatre candidats dans le cadre de mon émission Les idées mènent le monde (il me reste à diffuser les entrevues avec Nantel et Bastien, mardi prochain et celui qui suivra) et une chose me frappe: la qualité de leur réflexion, et il faut bien le dire, certaines différences fondamentales entre leurs visions. Ils ont en commun l’indépendance: cela va de soi. Mais ils portent chacun une idée distincte de l’avenir du PQ et des enjeux autour desquels le souverainisme devra se reconstruire. À travers cette course, le mouvement souverainiste est appelé à explorer dans ses propres paramètres les grandes questions qui se posent aujourd’hui au nationalisme québécois. Et justement, à cause de la qualité des candidats, on peut déjà voir que le débat ne se tient pas dans un registre strictement politicien, dans le mauvais sens du terme. Je lis ici et là que certains candidats seraient animés par l’opportunisme. Quelle idée sotte! Un opportuniste qui se présenterait au PQ aujourd’hui manquerait sérieusement du sens des opportunités. Qui se lance dans la chefferie péquiste se lance dans une tâche peut-être impossible: reconstruire un parti, réanimer un mouvement, redonner vie à une idée que plusieurs jugent vaincue une fois pour toutes. Ce choix n’est pas celui de la facilité: il a même quelque chose de sacrificiel. Ces quatre candidats, j’en suis convaincu, pourraient facilement faire une belle carrière politique moyennement quelques compromis rhétoriques en se ralliant à la CAQ – ou à QS. Ils ne le font pas. Plus encore: ils s’engagent dans une entreprise qui à moins d’un miracle, les conduira au mieux à augmenter le poids de la députation péquiste. Ce ne serait toutefois pas un petit gain, car avec quelques députés de plus, le parti souverainiste redeviendrait un acteur significatif de notre vie politique. À travers tout cela, c’est l’avenir de l’indépendance qui se joue: est-ce que cet idéal sera encore porté par un véhicule politique et parlementaire, ou sera-t-il condamné à se fondre politiquement dans l’autonomisme, à moins de se laisser confisquer par QS, qui l’instrumentalise au service de sa vision très particulière de la société. Évidemment, il y aura toujours un mouvement souverainiste, avec ses militants. Mais sans véhicule politique, à moins d’une crise entraînant un réalignement politique majeur, il sera bien impuissant. Quoi qu’il en soit, je suivrai attentivement cette course et ces débats et je vous invite à le faire aussi. Que l’on pense du bien ou du mal de ce parti, les débats qu’il mènera toucheront de bien des manières l’avenir du Québec.

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