jeudi 2 juillet 2020

La jeunesse n’a pas toujours raison.....par Mathieu Bock-Côté

Il est d’usage de célébrer la jeunesse. On regarde aller béatement la nouvelle génération. On veut la croire prophétique et inspirée. On peine à s’avouer qu’elle peut verser dans un terrifiant obscurantisme et s’enthousiasmer pour des fantasmes morbides.

L’actualité des dernières années nous le confirme.

On a beaucoup parlé, avec raison, de l’hystérisation des campus universitaires aux États-Unis. Mais le phénomène ne leur est plus exclusif.

Un peu partout dans le monde occidental, on trouve dans les universités de véritables milices étudiantes d’extrême-gauche qui se permettent d’empêcher la tenue de conférences et même, s’il le faut, de menacer physiquement ceux qui ont le malheur de ne pas voir le monde comme eux.

Fanatisme

Ce discours, qui fonctionne à l’intimidation idéologique, entraîne une régression de la liberté d’expression. Lorsque ces étudiants radicaux demandent à certains « d’écouter avant de parler », ils leur donnent en fait l’ordre de se taire.

Cette génération hypersensible voit des microagressions partout. En fait, dès qu’on ne se soumet pas aux dogmes auxquels elle adhère, elle se sent agressée. Elle se complaît dans un discours victimaire et veut voir du sexisme, du racisme et des phobies partout.

On lui a appris une chose : la civilisation occidentale est coupable d’à peu près tout le mal qu’on peut imaginer sur terre, et à cela, elle croit dur comme fer. 

Inversement, elle donnerait le bon Dieu sans confession aux « minorités », quelles qu’elles soient, pour peu qu’elles se disent persécutées par le grand méchant homme blanc. C’est ce qui la pousse à chanter les louanges du voile islamique, par exemple, alors qu’il représente objectivement un apartheid sexuel contre les femmes.

Au Québec, on constate que cette jeune génération militante baragouine un détestable franglais, qu’elle prend pour une preuve d’ouverture au monde et de flexibilité linguistique, alors qu’il s’agit simplement d’un symptôme de son anglicisation, de son assimilation et de sa déculturation.

Elle tourne le dos au nationalisme québécois, sans se rendre compte que c’est pour se soumettre au nationalisme canadien. Elle pense embrasser le monde alors qu’elle troque seulement Montréal pour Moose Jaw. Elle chante la diversité culturelle, mais se détourne de l’identité québécoise, qui incarne pourtant cette cause en Amérique du Nord.

Évidemment, je généralise ici. Mais je parle d’une tendance lourde qui caractérise la jeune génération militante, celle qui s’affiche politiquement sur les médias sociaux et qui est passée par les sciences sociales universitaires. Mais le phénomène s’étend. Il est lié à la dérive idéologique de l’école en général, où on confond souvent instruction et endoctrinement.

Libération

Cela dit, ils sont très nombreux à résister passivement ou activement à l’intimidation idéologique. Combien sont-ils à se faire discrets sur les réseaux sociaux, par crainte de subir les foudres des fanatiques qui se prennent pour des guerriers de la justice sociale ? 

La bataille pour la libération intellectuelle de la jeune génération est essentielle. À travers elle se joue l’avenir du Québec.




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